Connecter Plan du site Contact


Les Troubles de l’Orgasme Féminin

L’orgasme féminin est une expérience physiologique qui se déroule dans un contexte relationnel et psychosocial lui donnant son sens. Il couronne l’expérience sexuelle par la sensation de plaisir culminant qu’il lui confère.

Quelques définitions

Sur le plan physiologique
L’orgasme correspond à des contractions musculaires involontaires de l’utérus et du tiers externe du vagin. La sensibilité du vagin est liée à la variation de pression par la pénétration du pénis et les mouvements coïtaux. La sensibilité mise en œuvre pour le clitoris utilise, par contre, les mêmes mécanismes communs observés lors d’autres types de stimulation (caresses tactiles, effleurement, friction…).
Vagin ou clitoris ?
La classique opposition entre orgasme vaginal et orgasme clitoridien est en train de tomber en désuétude. Le clitoris serait plus un élément sensoriel (siège des stimulations initiales) alors que le vagin serait plus un élément moteur (siège des sensations finales de plaisir), ce qui suppose aux deux organes des rôles complémentaires. Masters et Johnson ont affirmé, en effet, l’existence d’un seul type d’orgasme pouvant être ressenti dans diverses zones érogènes et provoquées par une stimulation efficace des mêmes zones ou de zones différentes.
Autres mécanismes : mythe ou réalité ?
Le point G initialement décrit par Grafenberg (d’où le « G »), en 1979 correspondrait à une zone située au niveau de la face antérieure du vagin doté d’une structure particulière qui permet une meilleure sensibilité vaginale.
• Il existerait une éjaculation féminine, comme chez l’homme, qui déclenche à elle seule l’orgasme (mythique femme fontaine !).
Sur le plan psychologique
L’orgasme psychologique est la perception subjective des réactions physiologiques. EICHER : « l’apogée de l’excitation et de la tension sexuelle entraînant une décharge émotionnelle suivie d’une agréable sensation de bonheur et de détente».
Qu’est-ce qu’une anorgasmie ?
L’anorgasmie est définie par l’incapacité de sanctionner une stimulation sexuelle par une décharge orgasmique. Bien qu’elle prenne appui sur la diminution ou l’absence des réactions physiologiques, elle implique aussi des facteurs psychologiques et relationnels qui doivent être pris en compte dans la démarche diagnostique et dans le traitement. Les anorgasmies constituent des demandes fréquentes de consultations en sexologie. Elles ont remplacé le terme de frigidité, longtemps utilisé, qui est désormais jugé péjoratif et trop vague. En effet, par frigidité on désignait n’importe quelle difficulté ou inhibition de la réaction sexuelle féminine qu’elle situe au niveau du désir, de l’excitation ou du plaisir.
Comment la reconnaitre et l’évaluer?
Evaluation physique et mentale
Face à une anorgasmie, il convient de vérifier les antécédents médicaux et une prise de médicaments et de faire un examen gynécologique et parfois urologique ou neurologique. Sur le plan psychologique, il faudra détecter une mauvaise estime de soi, une dépression ou un trouble de la personnalité. Par ailleurs, des bilans sont demandés pour rechercher un diabète ou d’autres troubles biologiques.
Evaluation du symptôme sexuel
Devant la plainte : « je ne sens rien » il faut demander des précisions et fournir du vocabulaire pour aider à verbaliser. Il faut préciser aussi les représentations de l’orgasme (connues et disparues ou imaginées) et explorer topographiquement le symptôme. Il est important aussi de faire préciser le vécu de l’orgasme, lié au début des rapports sexuels, pour savoir à quel point son absence a été frustrante.
Evaluation du couple
Il convient de chercher, chez le partenaire, des troubles sexuels et surtout une éjaculation prématurée. Il faut aussi vérifier ses connaissances des zones érogènes et des préliminaires qui correspondent à la femme. Parfois, il faut se renseigner sur l’existence d’éventuels conflits conjugaux, de relation de pouvoir entre eux, sur les rôles sociaux… car ces facteurs peuvent retentir aussi sur la sexualité.

Quelles en sont les causes ?
Causes sexologiques
La principale cause de est le fait d’avoir reçu une éducation stricte ayant véhiculé une image négative de la sexualité. Il est fréquent aussi de noter des expériences sexuelles négatives, douloureuses et vécues comme des viols par des partenaires inexpérimentés. Dans d’autres cas, de véritables abus sont rapportés. En outre, l’anorgasmie peut être en rapport avec d’autres troubles sexuels tels que la baisse du désir et de l’excitation ou dyspareunies (douleurs lors des rapports sexuels).
Causes psychologiques
L’anorgasmie est souvent en rapport avec une inhibition qui peut résulter soit d’un sentiment de culpabilité soit de la présence de besoins intenses, difficiles à satisfaire ! Chez beaucoup de femmes, il existe aussi une incapacité de lâcher prise. Ces mécanismes peuvent être en rapport soit avec des problèmes intercurrents (dépression ou réactions développées au décours de grossesse, ménopause, conflits, …) soit avec des traits constants de certains profils de personnalité.
Comment y remédier ?
Le processus varie selon qu’il s’agit d’une anorgasmie constante et primaire (a toujours existé) ou situationnelle et secondaire (après une sexualité normale).
En cas d’anorgasmie primaire et constante
Souvent la sexualité est un sujet de peur et de honte avec refoulement total de toute forme d’auto-érotisme. Le traitement consiste donc à faire amener la patiente à un apprivoisement de son auto-érotisme pour découvrir dans un deuxième temps l’orgasme. Progressivement, on doit l’aider à identifier ses sensations et à élaborer des scénarios érotiques, et lui apprendre d’être à l’écoute de son corps dans l’immédiateté des sensations sans anticipation et sans résistance à s’abandonner.
En cas d’anorgasmie secondaire et situationnelle
Sur le plan psychologique, il faut repérer et traiter les conflits, dédramatiser l’orgasme en interdisant les rapports sexuels et en reprenant les stimulations sensorielles, sortir de la suggestion négative : « je n’y arrive pas » et apprendre à ne pas anticiper.
Sur le plan relationnel, il est important d’évaluer si le partenaire est compétent pour sa femme ou non, car même si c’est à la femme de se prendre en charge, l’homme doit l’accompagner dans sa réactivation du plaisir sexuel.