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Les troubles du désir et de l’excitation


Les troubles du désir sont rares quand ils sont isolés. Souvent, ils sont la conséquence d’autres difficultés sexuelles et constituent dans ce cas une cause de consultation fréquente en sexologie. Chez la femme, ils sont souvent associés aux troubles de l’excitation dont ils partagent les mécanismes et les causes et entraînent un évitement culpabilisé de la sexualité.

Qu’est ce que le désir?

Le désir est la prise de conscience d’une tendance vers un objet, qui naît du manque de cet objet. Le désir sexuel est une motivation instinctive et une tension appétentielle envers le plaisir sexuel mémorisé. Il est la phase qui précède l’excitation et correspond à une anticipation de l’acte sexuelle. La réalisation tue le désir puis le renouvelle par le nouveau manque qu’elle crée.

Quelques définitions

La baisse du désir sexuel « une déficience ou absence persistante ou répétée de fantaisies imaginatives d’ordre sexuel et de désir d’activité sexuelle, de manière à entraîner une souffrance individuelle ou interpersonnelle »
Une excitation insuffisante : « Difficulté ou incapacité persistante ou récurrente à atteindre ou à conserver un niveau d’excitation jusqu’à l’accomplissement de l’acte sexuel et responsables d’une souffrance personnelle ».

Comment faire le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur des aspects objectifs (fréquence des masturbations, des rapports sexuels et des fantasmes et rêves érotiques), mais surtout sur des aspects subjectifs qui consistent en un sentiment d’insatisfaction par rapport à l’intérêt porté à la sexualité et à la fréquence des rapports sexuels. Ce sentiment peut provenir de soi ou du partenaire qui souffre du trouble et qui demande souvent la réparation. C’est pour cela que la baisse du désir est souvent présentée en termes de pathologie de couple.

Les principales causes

Sur le plan individuel, la dépression constitue la cause la plus fréquente, la baisse du désir étant l’un de ses symptômes. Plus rarement, il peut s’agir d’une névrose hystérique ou obsessionnelle ou d’une forme de psychose.
Les troubles du désir sont également fréquents en Post-partum où la femme est principalement retournée vers son bébé et après la ménopause à cause de l’arrêt hormonal mais aussi des représentations et du vécu négatif: « je n’ai plus le droit, c’est terminé ! ». Parfois le contexte de maladies et chirurgies modifiant l’image du corps et l’estime de soi, de douleurs chroniques dans la sphère pelvienne ou de prise de médicaments est évocateur.
Sur le plan relationnel, le désir des deux partenaires n’est pas toujours synchronisé. Souvent, plus l’un demande plus l’autre refuse, ce qui crée un climat de tension et de violence : Quand le désir devient obligatoire, il n’est plus. Par ailleurs, quand le couple dure, souvent la routine sexuelle s’installe et fait baisser le désir. Parfois, la pérennité de la relation augmente le désir quand il y’ a une capacité de continuer à s’explorer mutuellement. Certains couples, enfin, s’installent dans un fonctionnement de proximité et de fusion qui ne laisse pas de distance pour que le manque (et donc le désir) ait lieu.
Sur le plan social, la baisse du désir peut être en rapport avec certains mythes de la sexualité (femme toujours désirante et toujours initiatrice, si on s’aime, on doit se désirer en même temps…), avec la surcharge des rôles féminins : travail, enfants, ménage…et avec certains facteurs éducatifs et culturels

Les principes de Traitement

Les thérapies psychosexuelles constituent les méthodes de traitement les plus utilisées pour les troubles du désir de l’excitation chez la femme. Aucune donnée validée (ni AMM) n’est disponible pour le recours à des médicaments en dehors androgènes chez la femme après la ménopause.