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Malgré sa forte prévalence, la masturbation reste un sujet tabou dans tous les milieux, associée Masturb 2à un sentiment de culpabilité et de honte et donc sous-déclarée même par les adolescents qui craignent que leur pratique ne soit pas tolérée. Elle constitue, cependant, une composante du processus de développement dont il est utile de discuter avec les jeunes.

Historique
Pendant des siècles, la masturbation était perçue comme une menace pour l’équilibre social. Elle a été frappée (et continue à l’être encore dans certaines régions du monde) par l’interdit religieux (Judaïsme, Christianisme et Islam). Cet interdit a beaucoup influencé le point de vue médical qui lui imputait plusieurs maladies, telles que la folie, la cécité, la surdité, ou l’impuissance.
Au cours de la 2ème moitié du 20ème, le progrès social et médical ont permis une meilleure compréhension de l’activité masturbatoire. L’intérêt porté à la prévention des infections sexuellement transmissibles a donné lieu à plusieurs études épidémiologiques du comportement sexuel. La fréquence élevée de la masturbation a pu ainsi être mise en évidence. Nous pouvons noter aussi le rôle joué par la psychanalyse, les mouvements artistiques et le féminisme.
Considérée aujourd’hui comme un comportement sexuel sain, la masturbation peut constituer parfois une alternative aux comportements à risque et permet au jeune de familiariser avec son corps et ses réactions sexuelles. Cependant, plusieurs attitudes négatives persistent encore à travers le monde.
La masturbation est une pratique fréquente
De plus de 50 ans, les études de Kinsey aux états unis ont permis de démontrer la fréquence élevée de la masturbation avec des différences selon le genre et des associations, surtout avec le niveau d’éducation et la religion.
Plusieurs décennies après, la masturbation était encore exclue de beaucoup d’études à cause de la “la gêne” occasionnée. Depuis quelques années, des études plus récentes dans plusieurs régions du monde l’ont incluse.
Elles ont trouvé des taux très variables mais toujours plus élevés chez les garçons que chez les filles. Dans une étude Britannique publiée en 2011, la masturbation a été rapportée par 73.8% des garçons et 48.1% des filles dans un échantillon représentatif d’adolescents âgés entre 11 et 17 ans.

La masturbation est une pratique normale
La masturbation, présente presque chez tous les hommes et chez une majorité de femmes, est considérée de fait comme une pratique normale. Elle correspond à la curiosité du jeune envers son «nouveau» corps après la puberté et lui permet d’expérimenter avec lui-même ses propres sensations pour se connaître avant de chercher à connaître l’autre.
En plus, l’adolescence se caractérise par le repli sur soi et les difficultés de rencontre, ce qui fait de l’activité masturbatoire la seule possibilité de réalisation face à l’éveil sexuel souvent intense à cette période de la vie.

La masturbation est une pratique utile
La masturbation présente plusieurs bénéfices pour le développement sexuel et affectif. Chez les femmes, il a été démontré que la masturbation dans l’adolescence est associée à une sexualité épanouie plus tard dans la vie avec une image positive de soi. Par contre, une opinion négative ou indifférente sur la masturbation avec absence de pratique ou pratique culpabilisée est associée à des premières expériences sexuelles négatives.
L’activité masturbatoire aide l’adolescent à créer des fantasmes de rencontre qui l’entraînent à la recherche de l’autre et lui permet d’explorer son propre corps (zones érogènes, sensualité) et ses réactions sexuelles (excitation, plaisir), ce qui lui donne plus d’assurance pour sa sexualité future.
Elle constitue donc une étape importante de la maturation sexuelle de chaque individu. Un recours précoce ou direct à une sexualité avec partenaire peut entraver le développement et entraîner parfois des difficultés sexuelles.