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A la question « Qui êtes-vous? Homme ou femme? » La réponse est facile, car l’identification du sexe d’un individu se fait déjà à la naissance. Par contre, la réponse à la question « êtes- vous masculin ou féminin? » est plus nuancée, car la masculinité ou féminité dépend du vécu psychologique de l’identité sexuelle. Il y’a donc plusieurs types d’identités sexuelles. Colette Chiland disait, en effet, «On suit au plus près la réalité humaine en distinguant 3 plans : Le sexe biologique, Le sexe social et Le sexe psychologique »

Les trois types de sexe

Le sexe biologique définit l’identité de sexe et comprend le sexe génétique (Caryotype 46 XX ou 46 XY), le sexe gonadique : Présence de gonades femelles (ovaires) ou mâles (testicules) et le sexe corporel: Caractères sexuels primaires (organes génitaux internes et externes) et secondaires (apparaissent à la puberté et donnent à l’individu son aspect sexuel définitif)
Le sexe social et psychologique définit l’identité de genre : Selon le sexe biologique (surtout corporel), un sexe d’état civil est attribué. Il correspond au sexe assigné par les parents (éducation), auquel l’enfant s’identifie, constituant un pôle organisateur autour duquel s’affirme l’identité sexuelle!
En général, l’identité de genre est en harmonie avec l’identité de sexe.

Les troubles de l’identité sexuelle

Ce sont des troubles qui se caractérisent par la discordance entre l’identité de sexe (biologique et corporel) et l’identité de genre (psychologique et social) :
Les états intersexués : en rapport avec des anomalies biologiques entrainant une ambigüité des organes génitaux à la naissance. On assigne alors à l’enfant un sexe social qui ne correspond pas à sa réalité biologique.
La dysphorie de genre : en dehors de toute anomalie corporelle et de toute ambigüité des organes génitaux, l’individu ressent un rejet de son sexe (biologique et social) et une forte appartenance au sexe opposé.

La dysphorie de genre

Selon la Classification Internationale des Maladies (CIM 10), la dysphorie de genre correspond au « désir de vivre et d’être accepté en tant que personne appartenant au sexe opposé. Ce désir s’accompagne habituellement d’un sentiment de malaise ou d’inadaptation envers son propre sexe anatomique et du souhait de subir une intervention chirurgicale ou un traitement hormonal afin de rendre son corps aussi conforme que possible au sexe désiré »
L’appellation « dysphorie de genre » est venue remplacer le terme « transsexualisme ». Le diagnostic repose sur l’existence d’une non congruence marquée entre le sexe vécu/ressenti et celui assigné durant au moins 6 mois et qui se manifeste par au moins deux des critères suivants :
• Une non congruence marquée entre le sexe vécu/ressenti et les caractères sexuels primaires et /ou secondaires
• Un désir intense d’être débarrassé(e) de ses caractères sexuels primaires et/ou secondaires à cause de cette non congruence
• Un désir pour les caractères sexuels de l’autre sexe.
• Un désir d’être de l’autre sexe (ou d’un sexe alternatif autre que le sien)
• Un désir intense d’être traité(e) comme l’autre sexe (ou un sexe alternatif autre que son propre sexe)
• Une conviction intense qu’il (ou elle) possède les sentiments et réactions typiques de l’autre sexe (ou un sexe alternatif autre que son sexe)
Le transsexualisme doit être différencié d’une orientation homosexuelle, du travestisme, d’un trouble de l’identité sexuelle en rapport avec une affection intersexuelle ou d’un trouble mental, avec idées délirantes de métamorphose.
La prise en charge, qui n’a pas encore de cadre légal en Tunisie, repose sur le traitement hormonal puis le traitement chirurgical de transformation. Le rôle du spécialiste en sexologie est de faire le diagnostic et surtout le diagnostic différentiel en détectant les demandes délirantes et utilitaires, accompagner le patient dans le processus de transformation et aider à l’information (entourage professionnel, familial, administratif…).